Échec et mat : 10 classiques

Échec et mat : 10 classiques

La plupart du temps, un joueur cherche à soigner ses ouvertures et c’est ce à quoi il se concentre le plus. Cependant, qu’en est-il lorsque l’ouverture et le milieu de partie sont réussis ? Qu’advient-il alors de la fin de partie si elle n’a jamais été réellement étudiée ?

Le meilleur moyen d’améliorer son jeu passe nécessairement par l’apprentissage des séquences les plus vues. La construction de son répertoire permet d’apporter de nouvelles perspectives quant à son jeu et d’acquérir certains automatismes afin d'assurer la partie du début jusqu'à la fin.

Dans cet article, nous allons exposer les dix fins de partie classiques qui sont le plus utilisées et qu’un joueur doit pouvoir identifier en cours de partie afin de s'y préparer.

 

1. Deux pièces majeures : Dame et tour

Cette première séquence implique l’utilisation d’une dame et d’une tour qui travailleront en collaboration pour mater un roi esseulé. Elle peut très bien fonctionner aussi avec deux tours.

L’objectif principal est de coincer d’abord le roi adverse sur un des bords de l’échiquier à l’aide d’une des tours. Tout cela en restant à distance pour éviter de se faire capturer. Un détail important : cette tour devra uniquement empêcher le roi de s’éloigner du bord et non à le mettre en échec. Par la suite, la seconde pièce (une tour ou une dame) viendra faire un échec au roi dans la même colonne ou ligne que le roi pour terminer la partie.

Échec et mat : tour et dame - 10 classiques
Dans cette configuration, les blancs n'ont plus qu'à déplacer leur dame en g1

2. Mat du couloir

Au premier abord, ce développement ne ressemble pas à celui précédemment cité. Cependant, le principe sous-jacent est très similaire. Le point commun est l’implication d’une tour ou d’une dame, à la différence que le roi est pris au piège derrière sa propre rangée de pions.

Ce mat est généralement facile à détecter mais aussi à contrecarrer. Il se produit dans la plupart des cas après avoir roqué et lorsque le joueur possède peu de défense à l’arrière garde. À cela s’ajoute le fait qu’aucun pion de la rangée n’ait été bougé.

Pour se prémunir, il suffit généralement d’avoir de quoi se défendre à l’arrière garde et/ou avancer un pion afin de se laisser un moyen de s’échapper au cas où.

Mat du couloir - Echec et mat : 10 classiques
Échiquier classique vintage - Échec et mat : 10 classiques

3. Dame et cavalier

La dame est la pièce la plus puissante de l’échiquier. Cependant, elle a besoin du soutien d’une autre pièce, qui peut être mineure comme un cavalier, si elle veut conclure la partie. Moins rapide que l’association dame/tour par exemple, le cavalier permet néanmoins de conclure de façon efficace.

Dans l’exemple simplifié ci-dessous, le roi est pris au piège contre le bord de l’échiquier. Pour remporter la partie, les blancs peuvent jouer leur dame en e7. Celle-ci est protégée par le cavalier.

Cavalier et dame - Échec et mat : 10 classiques

4. Dame et fou

La dame associée à un fou est une autre de ces combinaisons efficaces pour gagner la partie. De la même manière que précédemment, le fou sera en soutien de la dame pour la protéger.

Dans l’exemple ci-après, le couloir est protégé et verrouillé par la tour. Un mat couloir n’est donc pas possible. Cependant, il reste une autre possibilité pour les noirs qui est obtenue  grâce à la combinaison du fou et de la dame qui se trouvent sur la même diagonale. Ils ne leurs restent donc plus qu’à attaquer en g2 pour provoquer le mat.

Dame et fou - Échec et mat : 10 classiques

5. Deux fous

Un peu à l’instar de deux tours, deux fous peuvent mater en travaillant en équipe. Le principe général est sensiblement le même : amener le roi vers le bord de l’échiquier pour le bloquer. La différence réside dans la zone dans laquelle celui-ci sera pris. En effet, pour deux tours, cette zone est rectangulaire, car les tours travaillent sur les lignes et les colonnes. Tandis que pour deux fous, elle sera triangulaire - les fous agissant sur les diagonales. L’objectif est de réduire cette zone le plus possible et d’utiliser son roi en renfort pour acculer le roi adverse dans le coin.

L’exemple schématisé ci-dessous représente un cas de figure simplifié où le roi noir est en échec. Il ne lui reste plus qu'une case possible pour se déplacer. Pour les blancs, il suffira de mettre en échec le roi avec leur fou noir pour mettre fin à la partie.

Deux fous - Échec et mat : 10 classiques

6. Cavalier et fou

Même si au premier abord l’association cavalier/fou semble ne pas être la plus efficace, elle peut l’être dans certains cas de figure. Cependant, pour mener à bien ce mat, cette association nécessite plus d’aide et de soutien que les autres et ne se produit dans des cas de figure spécifiques.

Dans l’exemple ci-contre, le roi blanc a eu le temps de roquer. Et malgré que les blancs aient ouvert leur structure de pions pour prévenir un éventuel mat couloir, la case de secours se retrouve contrôler par le fou noir. Les noirs au trait n’ont plus qu’à déplacer leur cavalier en h3.

Cavalier et fou - Échec et mat : 10 classiques

7. Pion et roi

Même la pièce considérée comme la plus faible de l’échiquier peut devenir un atout majeur en fin de partie et peut même grandement faciliter un mat. Lors d’attaques finales bien menées, les pions peuvent devenir des armes redoutables.

Ce type de mat intervient généralement en fin de partie lorsqu’un ou plusieurs pions ont été avancés dans l'optique d'être promus. Dans le cas de figure ci-contre, le roi se retrouve pris au piège aux bords grâce à la structure de pions avancées mais aussi au placement du roi.

Pion et roi - Échec et mat : 10 classiques
Pièces d'échecs - Échec et mat : 10 classiques

8. Mat à l’étouffée

L’on peut dire que ce mat prend place lorsque le roi est surprotégé. Pour ce cas de figure, les ingrédients sont simples : un roi entouré de ses propres pièces (généralement dans un coin de l’échiquier) et un cavalier qui a la capacité de passe par-dessus toutes ces pièces pour mettre le roi adverse en échec.

La plupart du temps, le mat à l’étouffée requiert quelques sacrifices et une succession d’échecs pour forcer le roi adverse à se prendre au piège de lui-même. Dans le premier diagramme, le roi est déjà pris au piège par ses propres pièces tandis que dans le second, plusieurs coups doivent être encore envisagés.

Mat à l'étouffée simple - Échec et mat : 10 classiquesMat à l'étouffée - Échec et mat : 10 classiques
L'image de gauche représente une illustration simplifiée, tandis que le cas de droite requiert le sacrifice de la dame pour les blancs (27.Cf7+ Rg8 28.Ch6+ Rh8 29.Dg8+ Txg8 30.Cf7#) 

9. Mat d’Anastasie

Pour réaliser ce mat, un cavalier et une tour sont nécessaires. Cette séquence a été vue originalement dans le roman Anastasia und das Schachspiel. En prérequis, le roi adverse doit avoir roqué pour qu’une pièce puisse être sacrifiée sur la ligne de pion. Le principe est que le cavalier blanc bloque les issus du roi sur la deuxième ou septième colonne, suivant qu'il ait effectué un petit ou un grand roque, tandis que la tour se positionne sur la colonne du roi.

Mat d'Anastasie
À la tour blanche de se placer dans la colonne du roi pour un échec et mat.

10. Mat de Morphy

Ce mat a été nommé en l’honneur de Paul Morphy, grand maître d’échecs américain. Les principaux protagonistes sont une tour et un fou qui combinés piègent le roi adverse. À l’instar du mat précédent, il nécessite quelques sacrifices pour être mis en place.

Dans la situation ci-dessous, le roi est bloqué dans le coin par son pion mais aussi par la tour qui occupe la colonne. Le fou a uniquement besoin de mettre le roi en échec sur la diagonale pour conclure la partie.

Mat de Morphy - Échec et mat : 10 classiques
Le fou sur la colonne noir pour mettre en échec le roi noir donnera la victoire aux blancs


Tout comme les ouvertures, les fins de partie devraient elles aussi faire partie du répertoire de jeu de tout joueur d'échecs. En effet, cela permet de se préparer aux différentes situations de jeu afin de ne pas se retrouver démuni. Cependant, il n'est pas non plus nécessaire de tomber dans l'excès en voulant apprendre toutes les combinaisons possibles. Il est aussi important de pouvoir se faire confiance quant au développement de son jeu et de certains réflexes qui viennent avec la pratique. C'est précisément à ce moment que les Artisans des Échecs peuvent intervenir en vous proposant du matériel d'entraînement de qualité qui allient le confort de jeu à l'esthétisme et pour beaucoup de jeux d'échecs, l'histoire échiquéenne.
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